Jeanne d'Arc

Enterrons une bonne fois pour toutes le mythe de la petite bergère sans ressources. Jeanne d'Arc ne naquit pas pauvre. Elle est issue, au contraire, d'une famille de laboureurs aisés dont la maison en pierre est un signe évident d'une certaine richesse. En clair, la famille de Jeanne appartient à l'élite économique du village de Donrémy.

Son père, Jacques d'Arc, était révéré comme le doyen du bourg, ce qui était quelque peu l'équivalent du maire de nos jours. La petite Jeanne a pu, toutefois, garder le troupeau du village mais aucun berger de profession n'est répertorié. L'élevage n'était qu'une activité d'appoint.

En outre, il faut savoir que Jeanne d'Arc était loin d'être désintéressée par les titres et la fortune. Une fois promue capitaine par le roi Charles VII, elle touchera des soldes et des rentes liées à sa fonction. Jeanne possédait également une armure, trois épées et quatre à cinq chevaux.

Un acte notarié stipule même qu'elle possédait une maison à Orléans, achetée peu avant son arrestation, le 23 mai 1430.

En revanche, il est avéré que Jeanne était très pieuse. Une piété qui tendait à la bigoterie. Mais, en cela, rien d'exceptionnel pour l'époque. Sa profonde piété n'explique toutefois pas à elle seule la diète sévère qu'elle s'imposa, notamment lors du Carême de 1429 ;  Jeanne d'Arc n'aimait pas manger. D'ordinaire, elle ne se contentait que de pain, d'eau, de vin et de poisson et toujours en très petites quantités et sans en tirer le moindre plaisir. On pense même que Jeanne était anorexique ; elle en avait en tout cas, tous les symptômes : une absence presque totale de règles et une hyperactivité qui faisait qu'elle passait ses journées à cheval sans rien avaler.

  • Au sujet de la vocation de Jeanne :

Déjà, il faut savoir que les prophètes, mais plus encore les prophètesses, étaient légion au XVe siècle. On admettait plus facilement que de nos jours que Dieu puisse s'adresser aux humains. En plus, le fait que Jeanne soit vierge lui donnait davantage de crédit : la virginité était un gage de pureté et de sincérité.

Il est à noter que Jeanne d'Arc n'a jamais mentionné publiquement ses voix que lors de son procès en 1431. Avant cela, seuls ses proches en étaient informés ainsi que le roi. Le phénomène n'a jamais étonné ses juges : si les voix purent susciter un temps la méfiance, c'est que ses juges pensaient qu'elles venaient du Diable et non de Dieu.

  • Jeanne, rebelle et insolente :

Convaincue de l'intérêt de sa "mission", elle toisait de haut ses juges : "A moi, Dieu me parle, disait-elle, à vous, il ne parle pas."

Elle n'éprouvait aucune crainte face à l'autorité et manifestait une grande certitude de soi. Elle était en outre dotée d'une vive intelligence et d'une prodigieuse mémoire. Elle déroutait même ses juges en se souvenant des questions qu'on lui posait et n'hésitait pas à demander des délais de quinze jours pour y répondre.

Pour échapper à la condamnation, elle accepta de retirer ses vêtements masculins, avant de revenir sur sa décision : en fait, elle choisit le bûcher plutôt que ce qu'elle considérait être un déshonneur.